L’ordre ou le chaos ?
L’impact des bouleversements mondiaux majeurs de ces douze derniers mois était palpable lors de l’édition 2026 de l’Athens Democracy Forum qui s’est tenue cette semaine.
Il y a un an, les organisateurs du Forum avaient eu la clairvoyance de poser la question de l’impact de l’IA sur la démocratie. Cette année, les participants ont dû affronter la réalité du chaos. Le Forum s’est en effet réuni quelques semaines seulement après que des agents IA hors de contrôle aient fait la une de tous les médias.



L’an dernier, ils s’interrogeaient sur l’incidence des politiques américaines sur les institutions et les pratiques qui avaient soutenu l’ordre mondial en dépit des soubresauts. Depuis, le champion autoproclamé de la démocratie a ouvertement sapé tant les institutions que les normes. Parallèlement, la guerre au Moyen-Orient s’est embrasée à nouveau avec des répercussions mondiales, la guerre en Ukraine se poursuit, une terrible guerre civile ravage le Soudan, et l’anxiété ne cesse de croître en Asie de l’Est. Tous ces conflits et risques sont interconnectés.
Les États-Unis ont emboîté le pas à la Russie en renouant avec les stratégies de zones d’influence dignes du XIXe siècle, mais dotées des technologies du XXIe siècle. La Chine observe, temporise et se prépare.
Le secrétariat des Nations Unies est réduit à prêcher dans le désert. Le Conseil de sécurité de l’ONU a été neutralisé par le droit de veto ; l’Assemblée générale annuelle de l’ONU ne sert plus que de tribune pour afficher des positions inflexibles.
Le chaos est donc la nouvelle réalité. Le thème du Forum de cette année, « Bâtir l’ordre à partir du chaos », résonnait autant comme une interrogation que comme une aspiration. Kim Conniff Taber, directrice éditoriale, l’a d’ailleurs reconnu.
À la recherche d’une voie pour avancer, le président du Forum, Achilles Tsaltis, a annoncé la signature d’un partenariat avec la Global Democracy Coalition, un réseau qui relie des initiatives régionales et locales pour promouvoir la démocratie. Cette coalition vise à s’attaquer aux défis de notre époque en commençant par le niveau local.
Point positif souligné par Achilles : la participation des jeunes n’a jamais été aussi forte. Et d’affirmer : « Au Forum, nous croyons fermement au lien entre démocratie et culture. »
A suivre…
Yuko et Robert Harris ont assisté au Forum au nom du Centre d’Échanges Culturels Est-Ouest (Bourgogne - France)

